Saint-Dyé-sur-Loire – d’Auberges en Maisons

Continuons notre visite de Saint-Dyé-sur-Loire avec ses anciennes et belles demeures.

MAISONS du VILLAGE 

Laissons maintenant l’église pour suivre le parcours historique de découverte du village. 

Ce bourg très important au XVIe siècle a été très remanié depuis. Un repérage fait état de 25 maisons antérieures à l’ancien cadastre dont 15 datant du XVIe siècle, 3 du XVIIe siècle, les autres étant postérieures. Le bourg comptait aussi de nombreux puits, on en recense une dizaine de nos jours. 

 

Il est possible de se garer place de l’Eglise, devant la mairie ou l’école de musique, mais surtout le long du chemin des Flancs où on trouve un grand parking. De là on regagne facilement le bourg en passant devant la mairie. Celle-ci était une ancienne vinaigrerie devenue mairie en 1866.

Saint-Dye-sur-Loire - Ancienne vinaigrerie devenue mairie
Saint-Dye-sur-Loire – Ancienne vinaigrerie devenue mairie

 

Dans la rue Nationale, la Maison du Loir-et-Cher est hébergée dans une ancienne demeure du XVIIIe siècle, dite la Maison Fonteneau. C’était un ancien relais de poste jusqu’en 1760 (arrivée du train) . Nous ne l’avons pas visitée par manque de temps, mais on y trouve de beaux témoignages : des ornements Louis XV, des boiseries, des plafonds à la française, des cheminées et un escalier à balustrade .. donc n’hésitez pas. La cour conserve également les communs de l’ancien relais de poste.

Saint-Dye-sur-Loire - Maison du Loir-et-Cher ancienne Maison Fonteneau
Saint-Dye-sur-Loire – Maison du Loir-et-Cher ancienne Maison Fonteneau – façade rue nationale
Saint-Dye-sur-Loire - en allant vers l'entrée de la Maison du Loir-et-Cher
Saint-Dye-sur-Loire – en allant vers l’entrée de la Maison du Loir-et-Cher
Saint-Dye-sur-Loire - en allant vers l'entrée de la Maison du Loir-et-Cher
Saint-Dye-sur-Loire – en allant vers l’entrée de la Maison du Loir-et-Cher

 

De l’autre côté de la rue, une maison a conservé des vestiges de meneaux sur ses fenêtres et d’un beau portail. Il s’agit peut-être de l’Auberge dite du Petit Chambord (XVIe siècle). Un peu plus haut en allant en direction de Blois se trouvait aussi l’auberge du Royal Chambord (ou du Grand Chambord, et la Croix Blanche avant 1652).

Saint-Dye-sur-Loire
Saint-Dye-sur-Loire – Auberge du Petit Chambord (?)

 

Dans la rue principale de Saint-Dyé se trouvait ainsi 7 des 13 auberges de la ville (actuelle rue Nationale). On peut ainsi trouver un peu plus loin sur la gauche l‘Auberge du Croissant où séjourna La Fontaine (derrière l’épicerie maintenant ?).  

 

Nous remontons la rue Nationale en laissant à notre gauche la rue de l’Eglise.

Nous n’avons malheureusement pas suivi ce parcours pour notre visite faute de documentation, je ne peux donc vous montrer de photos. Je vous partage cependant les informations extraites du livret de visite de Mme Boulet (source **) que je n’ai trouvé que bien plus tard, afin que vous puissiez profiter de votre balade pour trouver les demeures citées.

A l’emplacement d’un petit jardin à l’angle de la rue de Chambord se trouvait l’Hôtel de l’Ecu de France. François Ier y aurait séjourné pendant la construction du château.  Sur la carte postale ancienne ci-dessous il est devenu Hotel du Cafe. Il a été démoli en 1955.

Un peu plus haut dans la rue de Chambord était l’Auberge des Trois Rois dont il ne reste que quelques vestiges de meneaux.

Saint-Dye-sur-Loire
Saint-Dye-sur-Loire – L’Hôtel de l’Ecu de France devenu au XXe l’Hotel du Café, et aujourd’hui détruit.

 

De l’autre côté du carrefour entre la rue Nationale et la rue de Chambord se trouvait la Maison de l’Octroi. Pendant longtemps cette route fut l’unique voie de communication avec la Sologne, le positionnement de cette maison était donc très stratégique sachant que l’octroi était une taxe perçue par la ville sur toutes les marchandises y entrant. L’octroi de Saint-Dyé était un des 5 du département avec ceux de Blois, Vendôme, Romorantin et Mer !

Si on continue par la rue Nationale, on voit encore quelques beaux vestiges de fenêtres à meneaux. Un porche à pilastre va attirer notre attention. Il s’agit de l’Auberge de la Salamandre. Cette demeure (fin XVe – début XVIe) a conservé côté cour une belle galerie d’époque et une tour avec escalier. Elle abrita la Prévôté de Saint Dyé (maison du représentant du Roi de France) et la Gendarmerie au XIXème siècle. C’est de nos jours un gîte (La Closerie de Chambord).

Saint-Dye-sur-Loire - Auberge de la Salamandre/ ©La Closerie de Chambord
Saint-Dye-sur-Loire – Auberge de la Salamandre/ ©La Closerie de Chambord

On trouve aussi la maison des Trois Marchands (XVIe) qui appartenait à des marchands de vin, avec une tourelle d’escalier.

 

Continuons dans la rue de la Prez.

La Maison de la Prez daterait de la même époque que le château de Chambord, et aurait sans doute été construite par un maître-ouvrier (ou un maître d’oeuvre). On voit une belle façade Renaissance avec une tourelle d’angle (qui abrite un escalier en bois). Ses dépendances furent occupées par les Ursulines au XIXe siècle. Elles avaient accès à une petite ruelle sur l’arrière menant directement à l’église. Plus tard on y trouvera la première colonie de vacances (vers 1910) pour des enfants du quartier de Montmartre. 

La Prez ou la Pree … la rue conduisait à un pâturage au milieu du bourg réservé depuis l’époque médiévale aux villageois ne possédant pas de terres.

 

On peut rejoindre ensuite la Rue Creuse en passant par la petite Ruelle du Cheval Blanc. On peut y observer quelques curiosités qui donnent leur charme au village … 

 

Saint-Dye-sur-Loire - Rue Creuse
Saint-Dye-sur-Loire – Rue Creuse

 

L‘Auberge du cheval blanc était construite près des remparts entre la ruelle du Cheval Blanc et la Rue Creuse. C’est ici que Molière logea avec sa troupe lors de sa représentation devant Louis XIV du « Bourgeois Gentilhomme » à Chambord en 1670.

Saint-Dye-sur-Loire - Rue Creuse
Saint-Dye-sur-Loire – Rue Creuse

C’est surtout par cette rue que remontaient depuis le port les convois de matériaux pour le chantier de Chambord… rue bien raide … qui semble alignée le long des vestiges de l’enceinte. A priori cette rue correspondait aux anciens fossés le long des remparts.

L’auberge devint plus tard la loge du passeur, pour le bac sur la Loire.

 

Saint-Dye-sur-Loire - une façade donnant sur la Rue Creuse avec sans doute un bout de rempart
Saint-Dye-sur-Loire – une façade donnant sur la Rue Creuse, vestiges du mur d’enceinte ?

 

Nous remontons ensuite jusqu’à la rue Porte-Oiseau en longeant le quai. 

 

Saint-Dye-sur-Loire - la Loire depuis la Rue Creuse
Saint-Dye-sur-Loire – la Loire depuis la Rue Creuse

 

Nous allons passer devant les fortifications le long de la promenade des bords de Loire. Cette partie fera l’objet de l’article suivant donc n’hésitez pas à vous y référer.

Un petit portillon s’ouvre à un endroit. S’y trouvait l’Auberge de la Galère (détruite) où Mme de Sévigné séjourna.

A côté anciennement jouxtant une des tours de l’enceinte de la ville se trouvait l’Auberge de l’Etoile (XVe siècle). La fortification fut à cet endroit démolie lors de la création des quais et du port de 1769. De nos jours la demeure conserve sa vocation d’accueil comme gîte (Gîte de l’Etoile). 

Le Port de l’Etoile connut son apogée avec le transport de marchandise sur des trains de chalands, conduits par les mariniers sur la Loire. Le dernier transport de ce type eut lieu en 1879.

Saint-Dye-sur-Loire - l'Auberge de l'Etoile, rue Porte-Oiseau
Saint-Dye-sur-Loire – l’Auberge de l’Etoile, rue Porte-Oiseau (gîte de l’Etoile)

On ne le voit pas mais dans le lierre à gauche de la photo (une zone blanche entourée de lierre) se trouve une inscription indiquant le niveau de la crue de juin 1856. Sachant que nous sommes déjà sur les hauteurs …. Le XIXe fut marqué par des crues de la Loire exceptionnelles en 1846, 1856 et 1866. Le lierre cache aussi une petite étoile (d’où le nom de la demeure) au-dessus d’une des fenêtres. 

 

Ici encore le charme des petites rues opère … Maisons construites sur la pente d’où le quartier tirait son nom : le Ravelin (mot qui en Basse-Sologne vient de « ravin », l’eau de pluie « ravinant » le long de la déclivité) … petite ruelle bordée de roses trémières (l’autre bout de la ruelle du Cheval Blanc) … et peut-être vestiges de la fortification …

 

Les maisons sont plus « proprettes » qu’il y a quelques dizaines d’années … peut-être trop …

Les mêmes de nos jours …

Saint-Dye-sur-Loire - rue de la Porte Oiseau / ruelle du Cheval Blanc
Saint-Dye-sur-Loire – rue de la Porte Oiseau / ruelle du Cheval Blanc
Saint-Dye-sur-Loire - L'Auberge du Cygne - rue Porte Oiseau
Saint-Dye-sur-Loire – L’Auberge du Cygne – rue Porte Oiseau

 

Plus haut dans la rue Porte-Oiseau (ou du Port Oiseau), on remarque l’Auberge du Cygne, avec ses fenêtres à meneau. Elle est citée dès 1551. Un four banal y était installé pour la cuisson du pain (on ne pouvait déroger à son utilisation sous peine d’amende).

Saint-Dye-sur-Loire - L'Auberge du Cygne - rue Porte Oiseau
Saint-Dye-sur-Loire – L’Auberge du Cygne – rue Porte Oiseau

Le porche s’ouvrait sur les remises et les écuries. Cette cour était signalée sur de vieilles cartes postales comme celle « de la Cour des Miracles » (sans doute à cause de la pauvreté de ses habitants ?)

Saint-Dye-sur-Loire - La Cour des Miracles
Saint-Dye-sur-Loire – La Cour des Miracles (CPA / Ebay)

 

En remontant la rue de la Porte Oiseau en arrivant sur la Place de l’Eglise se trouve la maison qui accueille au sein de son jardin la grotte occupée par Saint-Dye. Elle est dénommée la Maison du Dauphin. Evidemment je ne l’ai pas prise en photo (décidément …) donc une petite carte postale ancienne pour vous aider à la trouver.

saint-Dye-sur-Loire
Saint-Dye-sur-Loire – au fond la maison du Dauphin

 

Sur la place de l’église se trouve la Maison des Vicaires ou Vicariat, un beau logis du XVIe siècle. On la reconnait avec sa fenêtre au décor ajouré. Elle fut la maison du vicaire, du maître d’école et du sonneur de cloche avant la Révolution, et fut vendue en 1793 comme bien national.

 

Au pied de l’église se trouvait l’ancien cimetière communal. Les membres du comité républicain demandèrent son transfert hors les murs dès 1793. Cela ne fut fait qu’à la suite des grosses chaleurs de 1822 et les épidémies qui en découlèrent, attribuées aux « mauvaises odeurs venant du cimetière ». 

saint-Dye-sur-Loire
Saint-Dye-sur-Loire – l’ancien cimetière communal était au pied de l’église

 

Dans la Rue de l’Eglise, on peut voir la Maison de l’Evêque (on y voyait à l’origine une tête avec une mitre au-dessus de la fenêtre du 1er étage). Elle fut le logement du curé aux XVe et XVIème siècles. Restaurée récemment avec le soutien de la Fondation du Patrimoine.

Saint-Dye-sur-Loire - la Maison de l'Evêque (?)
Saint-Dye-sur-Loire – la Maison de l’Evêque
Saint-Dye-sur-Loire - la Maison de l'Evêque
Saint-Dye-sur-Loire – la Maison de l’Evêque

 

On repasse ensuite devant l’église pour prendre la rue de l’Eglise, ancienne rue du Port de l’Eglise ou rue du Four afin de pouvoir admirer l’église et le presbytère à ses pieds.

Vers 1110 les biens du monastère créé par Saint Deodat passèrent à l’abbaye de Pontlevoy. En échange un prieuré fut entretenu à saint Dyé. Prieuré et maison de l’évêque furent vendues comme bien national en 1791.

 

Saint-Dye-sur-Loire - rue de l'Eglise - le clocher et le presbytère
Saint-Dye-sur-Loire – rue de l’Eglise – le clocher et le presbytère

 

 

Il serait dommage d’oublier la rue Saint-Sauveur et son charme. Elle se trouve juste en face de l’église.

On note un très beau portail, tout seul face au porche de l’église … pour lequel je n’ai aucune indication.

Saint-Dye-sur-Loire - rue de l'Eglise, devant le porche de l'église
Saint-Dye-sur-Loire – rue de l’Eglise/rue Saint-Sauveur, devant le porche de l’église

 

Outre ses vestiges historiques, le village est charmant avec ses roses trémières et sa végétation « campagnarde » (rien de péjoratif, au contraire, je préfère aux parterres trop maîtrisés de certaines villes).

Saint-Dye-sur-Loire 
Saint-Dye-sur-Loire – rue Saint Sauveur

 

C’est dans ce quartier que l’on trouvait du XIIIe au XVe les maisons aux faîtages les plus élevées, rassemblées au pied de l’église, d’où l’ancien nom de « Bourg Festié« . 

La rue Saint-Sauveur tire son nom d’un bâtiment qui appartenant avant la Révolution au Chapitre de la Collégiale du Saint Sauveur à Blois. Il servit aussi de Grange aux Dîmes aux XVIe et XVIIe.

Saint-Dye-sur-Loire 
Saint-Dye-sur-Loire  – la Maison Saint-Sauveur (?)

 

Un peu plus loin dans la rue sur le « côté Loire » se trouve la « Maison du Galet » qui abrita les rendez-vous galants du Maréchal de Saxe lorsqu’il était à Chambord de 1748 à 1750.

La maison accolée (face à la rue du Canada) est un ancien presbytère possédant une galerie. Ces demeures sont plus facilement visibles depuis les bords de Loire … et sur le site des Archives du 41 ( lien ) en attendant de pouvoir faire une mise à jour plus actuelle … 🙁

La solution de secours …. les panneaux installés tout au long du parcours de découverte de la ville ! 

Saint-Dye-sur-Loire
Saint-Dye-sur-Loire – rue Saint Sauveur – la maison « le Galet » vue côté Loire

Une partie des bâtiments de cette rue furent aussi vendus comme biens nationaux en 1789.

Certaines maisons de cette rue ont bénéficié de subventions de la Fondation du Patrimoine pour leur mise en valeur et restauration, ce qui en fait une petite ruelle absolument charmante (je l’ai déjà dit ? … oui oui .. mon coup de cœur à Saint-Dye ! )

A priori la « maison le Galet » est celle avec la cheminée … mais je ne suis pas sure.

Saint-Dye-sur-Loire
Saint-Dye-sur-Loire – rue Saint-Sauveur et Maison « Le Galet » (?)

 

Un peu plus loin, à l’intersection avec la rue Montagne, se trouve le Clos Josephine (son nom actuel), une belle demeure surplombant la Loire et environnée de verdure. Construite pour un négociant en vins, elle devient la pension de famille de « la Renardière » au XXe siècle (à priori son terrain s’étend jusqu’à cette rue ? ) , puis Hôtel de la Plage, et maintenant c’est une maison d’hôtes… et évidemment pas de photo … donc on passe aux archives. Bien évidemment vous pouvez aussi faire un tour sur le site du gîte (le Clos Josephine)

Saint-Dye-sur-Loire
Saint-Dye-sur-Loire – Pension de la Renardière/Hôtel de la Plage  (CPA Delcampe)

Quand tu réalises que tu as dû passer devant sans voir la demeure ….. sniff !  Un petit cliché pittoresque pris rue de la Renardière (les jardins du clos seraient-ils à gauche?  le clos quant à lui est au bout à droite), au débouché de la ruelle Saint-Sauveur (qui prolonge la rue du même nom).

Saint-Dye-sur-Loire
Saint-Dye-sur-Loire

 

 

Le Manoir de Bel-Air est situé sur la route Nationale en direction de Muides-sur-Loire. Il fut construit pour un important courtier en vins au début du XVIIe. En 1748, les bâtiments sont mis à la disposition du Maréchal de Saxe qui y installe l’hôpital militaire de son régiment de cavalerie cantonné à Chambord. C’est de nos jours un hôtel de charme sur les bords de la Loire. Vous trouverez facilement les infos sur internet (le Manoir de Bel Air)  … pour ma part une petite vue « retro ».

Saint-Dye-sur-Loire
Saint-Dye-sur-Loire – Manoir de Bel-Air (CPA Ebay)

 

Une dernière curiosité du village est ce puits en pierre couvert croisé au hasard de notre promenade (rue de la Croix Blanche je crois).

 

 

Un peu de verdure pour terminer … Passez par la rue Montagne joliment fleurie.

Saint-Dye-sur-Loire
Saint-Dye-sur-Loire – Fleurissement rue Montagne et rue Creuse

 

 

Sources
  • une grosse partie des informations des sites que j’ai visités semble provenir du même auteur, donc autant aller directement à la source : « Saint-Dyé-sur-Loire, Ville d’autrefois » par Jean Chavigny (1978)
  • Sur le site Balades et Patrimoine, la page consacrée à Saint-Dyé-sur-Loire 
  • ** livret de visite « Saint-Dye-sur-Loire Village d’autrefois » (avec un plan de visite) réalisé par Martine Boulet et téléchargeable en pdf sur la page Le Village de Saint-Dye-sur-Loire
  • Histoire de Saint-Dyé-sur-Loire sur le site de la communauté de communes du Grand Chambord 

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